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 L'Artiste, l'ADISQ, CHOI & L'Industrie.

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Diantre!
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MessageSujet: L'Artiste, l'ADISQ, CHOI & L'Industrie.   Mar 21 Sep à 16:09

Un article que j'ai lu cette nuit sur Cyberpresse.
Très intéressant. Autant le débat que les débateurs.

Le lien: http://www.cyberpresse.ca/arts/article/1,144,163,092004,794596.shtml





4 gars, 4 guitares

Alexandre Vigneault

La Presse


Un seul d'entre eux a moins de 24 ans. Mais Guillaume Beauregard, Simon Proulx, Luc Brien et Frédéric Gagné jouent dans des groupes qui touchent bien plus de jeunes adultes que Daniel Bélanger et Isabelle Boulay.

Rassemblés autour d'une couple de bières, ils partagent leur vision de la musique au Québec et leurs opinions sur CHOI, les commandites et l'ADISQ.

Impossible d'échapper au phénomène Cowboys fringants par les temps qui courent. Surtout à l'âge du cégep ou de l'université. Mais dans l'ombre du groupe chouchou de la jeunesse québé-coise, d'autres se démarquent. Les Trois Accords, formation ironico-absurde auteure du succès-surprise de l'année (Gros Mammouth Album, version «turbo»), Vulgaires Machins, quatuor punk-rock capable de remplir trois Métropolis par année sans le soutien des médias de masse, ainsi que deux formations montantes: Capitaine Révolte et Les Breastfeeders.

«L'industrie du disque au Québec fait de la musique de vieux, pour les 30 ans en montant», avait relevé un cégépien invité à une conférence de l'ADISQ en 2003.

Des jeunes de 20 ans qui aiment Daniel Boucher, Marie-Chantal Toupin ou Éric Lapointe, il y en a, bien sûr. Mais ceux qui trippent sur Sum 41 ou Linkin Park ne trouvent pas leur compte dans la production des grosses compagnies québécoises. Leur dose de rock anguleux et de vrai punk, ils la trouvent chez des artistes peu diffusés, soutenus par de petites boîtes comme Indica, Blow the Fuse et Local Distribution.



Simon Proulx (Les Trois Accords), Guillaume Beauregard (Vulgaires Machins), Frédéric Gagné (Capitaine Révolte) et Luc Brien (Les Breastfeeders) sont des outsiders. Et ils ont été marqués par d'autres artistes qui ne sont jamais rentrés dans le rang: Jean Leloup, Les Secrétaires Volantes, Plume... Piché, Harmonium et Beau Dommage? Ils connaissent, mais ça ne les fait pas tripper. « Moi, j'y ai échappé et je suis bien content! » dit d'ailleurs Luc Brien.

Leur démarche artistique exclut les demi-mesures et leurs idées sont parfois radicales. Mais leur discours sur l'ADISQ, CHOI-FM et la diversité musicale offerte à la radio correspond sans aucun doute à celui de bien des jeunes qui, sans être fondamentalement rebelles, n'accepteraient sous aucun prétexte d'écouter Luce Dufault dans la voiture en allant visiter les grands-parents. Extraits d'une longue conversation.

Q: Deux critiques reviennent lorsqu'on parle de la musique québécoise: le Québec est toujours cinq ans en retard et les baby-boomers occupent toute la place. Est-ce encore vrai?

Luc: C'est fini, mais ça ne fait pas si longtemps qu'on n'est plus obligé de subir Piché, Séguin et toute cette gang-là aux FrancoFolies. Ce qui est fatigant, en ce moment, c'est toute la gang de gars braillards avec une queue de cheval qui ont l'air d'amoureux transis et les petites filles qui font toute la même toune. Le problème, c'est qu'ils n'ont aucune démarche artistique et qu'ils occupent toute la place. Et c'est mis en marché par des baby-boomers.

Guillaume: Ça revient à dire que les baby-boomers sont encore là, parce qu'on assiste à l'arrivée des héritiers et des dérivés de cette scène-là. Je trouve généreux de dire qu'on est cinq ans en retard. Quand j'écoute ça, je me dis qu'on est 15 ou 20 ans en retard. C'était bien beau, Harmonium, mais est-ce qu'on peut passer à autre chose?

Luc: Ça rocke à l'os au Québec, sauf que ces artistes-là passent juste à la radio universitaire. Ce qui est drôle, c'est qu'à partir du moment où les Cowboys fringants ou Les Trois Accords jouent à la radio commerciale, tout le monde aime ça! Qui pisse contre le vent, en fin de compte?

Frédéric: Sur la dernière compilation Québec Émergent, il y a vraiment du crisse de bon stock!

Q: Trois ans après le sommet de Québec, beaucoup de jeunes se disent engagés. Pourquoi êtes-vous politisés, ou pas, dans vos chansons?

Frédéric: J'ai toujours essayé d'éviter qu'on soit engagé. C'est lourd à porter, je n'avais pas envie de ça. J'ai écrit beaucoup de chansons quand j'étudiais en sciences humaines. Ce sont des constatations sociales. Et il y a de la révolte, aussi, parce que mes boss me faisaient chier. Engagé? Si les autres le pensent, c'est correct, mais j'essaie de ne pas trop le faire.

Guillaume: Ça fait 10 ans qu'on fait de la musique et qu'on rencontre du monde. À un moment donné, tout le monde dans le groupe a ressenti le besoin de se servir de la musique pour faire bouger des affaires. On est super engagés chacun chez nous et, à la minute que t'es conscient, ça devient une responsabilité d'emmener ça dans ta musique. Il n'y a pas de meilleure place pour s'exprimer que sur un stage.

Tranquillement, on s'est mis à diffuser des journaux alternatifs et à vendre des livres dans nos shows et je me suis rendu compte que, si les gens ne sont pas plus sensibles à ce qui se passe ou plus impliqués contre ce qui les fait chier, c'est juste parce qu'il n'y a pas assez d'organisations. Le jeune n'ira pas se fendre le cul en quatre pour trouver son exemplaire du Couac quand il habite à l'autre bout du Québec.

L'idée, c'est de partager ça, de se demander où on va. On a tous le poing en l'air, on dit que le gouvernement, c'est de la marde, on trashe, on se fait deux ou trois bleus et on est des rebelles? J'ai toujours été en désaccord avec ça. Tu es vraiment rebelle quand tu passes à l'action, que tu mets en pratique ce que tu penses et ce que tu as le goût d'articuler comme monde meilleur.

Simon: S'engager politiquement, c'est une façon de faire son bout de chemin. Mais l'engagement n'est pas toujours politique. Dans la grosse connerie qu'est notre band, je pense qu'il y a une vision des choses qui passe.

Q: Chacun à votre manière, vous êtes anti-establishment, voire anticapitaliste. Selon le sondage deLa Presse, les jeunes sont assez matérialistes et parfois très conservateurs. Avez-vous l'impression que votre public vous ressemble?

Guillaume: Pas tout le temps. Dans nos shows, je rencontre des gens de 16 ans qui sont super au courant et qui me reprochent plein d'affaires. D'autres en ont 26 et n'en ont rien à foutre: ils veulent voir un show, boire une couple de bières et avoir du fun. En général, je trouve les 15 à 23 ans insensibles et pas très conscients. Mais ce n'est pas typique de cette tranche d'âge-là. Et il y a des gens intéressants partout. Des fois, j'ai des discussions bien plus pertinentes avec des capitalistes purs et durs et je m'ennuie profondément avec des prolétaires de premier front.

Luc: Des sondages, j'en ai fait pendant trois ans et c'est souvent biaisé. Ça dépend de la question et de la personne qui la pose. L'autre jour, dans La Presse, ils demandaient aux jeunes de quoi ils ne pourraient pas se passer dans la vie. Ils ont répondu « mon ordinateur ». Est-ce qu'il y avait un choix de réponses? S'il y avait eu « mes amis » dans les choix, est-ce que ç'aurait été ça? Si le sondage est fait par un gars de marketing matérialiste, tu vas avoir une vision des jeunes hyper superficielle!

Q: Quel est l'enjeu le plus important en ce qui a trait à la musique au Québec?

Guillaume: On devrait commencer par abattre les radios commerciales qui font un dommage assez sévère à tout ce qui n'est pas formaté. C'est un peu extrémiste, mais je pense que le pire ennemi de la culture, c'est cette culture qui est détenue par les grandes corporations convergentes qui gèrent l'art comme du papier de toilette et qui s'adressent à tel public parce qu'il a de l'argent. Si on veut parler de culture et de pertinence culturelle, le système économique est le pire ennemi.

Simon: À défaut de tout crisser à terre... et si ça n'arrive pas dans les prochaines années, il faut une législation assez stricte, des quotas de musique québécoise comme il y en a déjà. Et il faut qu'il y ait plus de bands comme les Cowboys fringants et nous qui réussissent à mettre le pied dans la porte. Les gens ne sont pas caves, ils ne veulent pas toujours entendre la même affaire. Quand ils exigent autre chose et qu'une radio s'offre à eux, ils l'écoutent- CISM gagne des auditeurs, d'ailleurs.

Regarde CHOI à Québec. Peu importe ce qu'on pense de ce qu'ils disent, c'est une radio qui a fait énormément pour la musique au Québec parce qu'elle fait tourner des artistes. Ça doit être celle qui tourne le plus les Vulgaires Machins. Et ça fait une différence: les gens demandent des albums dans les chaînes comme Archambault et les disquaires remarquent que ça marche à Québec.

Luc: Ce qui fait chier dans cette affaire-là, c'est que tout le débat tourne autour de Jeff Fillion. Tous les gens qui ont manifesté pour CHOI, c'est pour quoi: Jeff Fillion ou la musique qui passe à cette radio?

Simon: Il y a des radios universitaires au Québec qui se fendent le cul pour avoir une émission de métal ou d'alternatif japonais. Il faudrait que ces organisations-là aient du financement et soient capables d'offrir ça. Combien de gens à Montréal ne savent pas que CISM existe?

Q: Que pensez-vous de Bérurier Noir, qui a demandé à jouer dans un environnement sans publicité lors du dernier Festival d'été de Québec?

Luc: Je suis totalement d'accord avec eux. Mais il faut une notoriété pour pouvoir faire des gestes comme ceux-là. Si j'arrivais dans un festival et que je demandais de mettre des draps noirs sur les logos des commanditaires, on me dirait de retourner chez moi.

Simon: Derrière le geste de Béru, il y avait l'idée que leur musique, c'est de la culture et que la culture appartient au peuple et pas aux commanditaires...

Guillaume: C'est dans cet esprit- là que leur geste est inspirant même si l'événement lui-même a été noyé dans la frénésie bérurière. Les gens n'ont rien vu aller de l'affaire des commanditaires. Il n'y a pas eu autant de répercussions que le groupe l'aurait voulu, mais il va y en avoir dans les prochaines années. Je suis sûr que ç'a inspiré plein de gens et que plein de gens se sont demandé pourquoi ça prenait un gros événement comme celui-là pour que les commanditaires n'aient pas le dessus, pour une fois.

Q: Que pensez-vous du gala de l'ADISQ?

Frédéric: C'est une clique, on n'a pas d'affaire là.

Luc: L'interprète de l'année est choisi par un vote chez St-Hubert. Ce n'est pas le prix du public, mais celui des clients de St-Hubert!

Simon: Peu importe le genre de musique qu'on fait et même si ça fait la promotion de trucs plus populaires, ça reste quand même une institution qui pousse en crisse les artistes québécois et qui va faire que les gens vont peut-être acheter un disque québécois plutôt qu'un disque américain.

Luc: Néanmoins, même si je suis nationaliste, je considère que c'est mieux d'acheter Björk qu'Isabelle Boulay!

Simon: Mais l'important, c'est que les compagnies d'ici qui enregistrent des artistes d'ici puissent continuer à rouler. Mettons qu'Ariane Moffatt vend plus de disques parce qu'elle a gagné un Félix. Derrière elle, il y a Audiogram qui signe des gens qui font des trucs différents, des Loco Locass ou des Pierre Lapointe.

Guillaume: Je ne suis pas contre l'idée d'une fête pour la musique, mais l'idée d'un gala où les artistes sont récompensés pour des ventes d'albums, je trouve ça malsain. Le concept de faire gagner du monde, je sais pas... Il y a un côté compétition que j'accepte au hockey et que je n'accepte pas dans le milieu artistique.

Frédéric: À la minute où tu décides de t'afficher, il y en a une compétition. Les gens ont le droit de décider qui ils aiment plus que les autres.

Simon: J'aimerais ça l'avoir, le Félix de l'album de l'année. C'est une forme de reconnaissance. Le problème, c'est la diversité offerte dans ce gala. Ça revient au débat qu'on avait tout à l'heure sur l'accessibilité: si les gens avaient accès à plus de diversité, les clients de St-Hubert auraient peut-être coché une autre case...

CAPITAINE RÉVOLTE

Chanteur et guitariste: Frédéric Gagné

Âge: 28 ans

Capitaine Révolte n'est pas toujours aussi déchaîné que son nom le laisse croire. Mais son rock est toujours tranchant. Danse sociale, son deuxième disque, évoque notamment la guerre et l'ambivalente identité québécoise sans tomber dans le prêchi-prêcha. Trait distinctif: compte une violoniste en ses rangs.

Autres membres: Éric, Martin, Amielle et Marie-Claude.

LES TROIS ACCORDS

Chanteur et guitariste: Simon Proulx

Âge: 23 ans

Drôle de bête à cinq têtes, Les Trois Accords pratiquent la satire et l'autodérision avec un entrain féroce. Hawaïenne - et les nombreuses demandes de leurs fans- leur ont ouvert les portes des radios commerciales. Gros Mammouth Album occupe la première (ou la deuxième) position des ventes depuis deux mois.

Autres membres: Charles Dubreuil, Olivier Benoît, Alexandre Parr et Pierre-Luc Boisvert.

LES BREASTFEEDERS

Chanteur et guitariste: Luc Brien

Âge: 30 ans

Inspirés par le courant garage des années 60, Les Breastfeeders balancent un rock rugueux pas tout à fait dénué d'accents pop. Loin de faire dans l'art engagé, le groupe s'attarde beaucoup au jeu de la séduction, avec un sourire, avec détachement ou avec la rage au ventre. Maniéré, véloce et ludique.

Autre membres: Suzie Mclelove, Joe, Kiki Boone, Johnny Maldoror et Sunny Duval.

VULGAIRES MACHINS

Chanteur et guitariste: Guillaume Beauregard

Âge: 26 ans

Après trois albums- son plus récent s'intitule Aimer le mal -, Vulgaires Machins s'est imposé comme le groupe punk le plus marquant des dernières années au Québec. Enragé et éloquent, deux qualités qui ne vont pas toujours ensemble, le quatuor se démarque notamment avec des textes crus et politiquement directs.

Autres membres: Marie-Ève Roy, Maxime Beauregard et Patrick Landry.

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